Avant ce stage, j’associais le film institutionnel à quelque chose d’un peu lourd. Pas forcément raté, mais souvent très solennel, parfois long, et rarement regardé jusqu’au bout quand il sort de son cadre initial. Je crois que cette image existe encore chez beaucoup de gens.
En observant plusieurs projets et plusieurs discussions, j’ai plutôt compris que le problème n’est pas le format lui-même. Le problème, c’est souvent l’absence de choix. À vouloir tout dire sur une structure, on finit par fabriquer un objet très complet, mais peu habité. On voit des actions, des lieux, des personnes, des chiffres, des intentions, mais on ne sait plus très bien ce qu’il faut retenir.
Moderniser un film institutionnel, ce n’est donc pas seulement aller plus vite ou mettre une musique plus actuelle. C’est accepter de hiérarchiser. Quel est le vrai sujet ? Qu’est-ce qu’on veut faire comprendre d’abord ? Qu’est-ce qui relève de la preuve ? Qu’est-ce qui doit au contraire rester en arrière-plan ? J’ai l’impression que ce travail de tri est plus important que n’importe quel effet visuel.
J’ai aussi vu que le même contenu pouvait vivre sous plusieurs formes. Une version plus longue garde son utilité pour un site, une projection ou un cadre officiel. Mais elle gagne à être accompagnée de modules plus courts, plus nets, qui circulent mieux ensuite. Ce n’est pas trahir le propos initial. C’est lui donner des portes d’entrée.
Je garderai cette idée : un film institutionnel peut rester sobre, sérieux, exigeant, sans être figé. Il a juste besoin d’être pensé pour des usages réels et pour des spectateurs qui n’ont pas tout leur temps. Dit comme ça, cela paraît évident. Je pense pourtant que c’est souvent là que tout se joue.