Je crois que le film d’entreprise a un petit pouvoir de fascination. On imagine tout de suite les belles images, le drone, la musique, les plans propres. C’est normal. Le problème, c’est qu’on peut commencer par la forme et ne plus revenir au reste.
Pendant mon passage à l’agence, j’ai entendu souvent la même remise à plat, parfois très simple : « oui, mais ce film doit servir à quoi ? ». Dit comme ça, la question paraît évidente. En vrai, elle ne l’est pas tant que ça. Un même mot, « film d’entreprise », peut recouvrir des usages très différents. Rassurer un prospect, présenter un savoir-faire, donner envie de candidater, clarifier un service, ouvrir un événement, garder une trace.
Si l’objectif n’est pas net, le film risque d’être beau mais flou. Et un film flou oblige ensuite tout le monde à le commenter pour lui donner du sens. Ce n’est jamais très bon signe. À l’inverse, quand l’intention est claire, beaucoup de décisions deviennent plus faciles : la durée, le ton, les personnes à faire parler, les images à chercher, les versions à prévoir.
Ce qui m’a frappée, c’est que le tournage n’est qu’un moment dans la chaîne. Avant, il y a le cadrage. Après, il y a le montage, les ajustements, les sous-titres, les formats, puis surtout la diffusion. Sans diffusion pensée sérieusement, le film devient vite un objet qu’on montre deux fois et qu’on range.
Je retiens donc quelque chose d’assez simple, peut-être un peu scolaire, mais utile : un film d’entreprise n’est pas seulement une production. C’est une pièce de communication. Et une pièce ne tient pas très bien si on ne regarde pas l’ensemble du puzzle.