Depuis quelque temps, on peut générer des maquettes, des textes, des blocs, parfois même des sites presque complets avec l’IA. Du coup, la tentation est logique : si ça va plus vite, pourquoi ne pas sauter quelques étapes ?

Le problème, c’est que la vitesse ne remplace pas la hiérarchie. Un site n’est pas seulement un empilement de sections qui “font pro”. C’est un parcours. Il faut savoir ce qu’on met en premier, ce qu’on garde pour après, ce qu’on répète, ce qu’on simplifie, et ce qu’on enlève. Une IA peut aider à produire. Elle ne sait pas automatiquement ce qui doit compter davantage pour tel client, tel public ou tel contexte.

Je trouve même que l’IA met ce problème en pleine lumière. Comme elle accélère la fabrication, elle rend encore plus visible les décisions qu’on n’a pas prises. On peut obtenir très vite une page d’accueil qui ressemble à quelque chose. Mais si l’offre est mal rangée, si les rubriques ne répondent pas à de vrais usages, ou si le ton change d’un bloc à l’autre, le site reste flou, seulement plus vite flou.

Ce que je retiens, c’est que l’IA est utile quand elle arrive dans un cadre déjà pensé. Là, elle fait gagner du temps, elle propose des variantes, elle aide à tester. Mais si on lui délègue la structure sans avoir travaillé le fond, elle produit surtout une impression d’avancement. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas le même métier.

Pour un stagiaire web, c’est assez rassurant à voir. Les outils changent vite. La question de l’arborescence, elle, reste. Et c’est probablement mieux comme ça.