Je pense qu’un stagiaire web voit certaines choses très vite, justement parce qu’il ne les a pas encore normalisées. Quand on me montre une structure de site, je regarde d’abord les rubriques. Et quand le discours de départ n’est pas net, ça se voit presque tout de suite.
Premier signe : plusieurs pages semblent promettre la même chose. On change un mot, on déplace une nuance, mais au fond on ne comprend pas bien pourquoi elles existent séparément. Deuxième signe : les titres restent très généraux, comme s’ils avaient peur de choisir. Troisième signe : on cherche à tout dire dès le début, donc on alourdit au lieu d’éclairer.
Je ne dis pas ça pour critiquer facilement. En fait, je trouve ça intéressant parce que le web force une forme de vérité. À un moment, il faut nommer les pages. Il faut décider d’un ordre. Il faut choisir ce qui mérite une place forte et ce qui doit rester secondaire. Tant que ces choix ne sont pas faits, le site garde une sorte d’hésitation visible.
Dans une agence comme Ouverture, c’est encore plus intéressant à observer parce qu’il y a beaucoup de métiers qui se touchent : stratégie, graphisme, print, audiovisuel, web, communication interne, contenus, formation. Si le discours est trop flou, tout finit par se mélanger. Si le discours est bon, au contraire, chaque partie retrouve une fonction lisible.
Je crois que c’est pour ça que le web m’intéresse autant ici. Il ne sert pas seulement à publier. Il oblige à clarifier.