Je ne crois pas que j’aurais écrit ce texte si l’agence avait été isolée dans des bureaux fermés. Ce qui m’a marquée pendant mon passage, ce n’est pas seulement le travail de communication. C’est le fait qu’il se fasse dans un lieu où il se passe toujours quelque chose.
L’agence Ouverture est là, bien installée, avec ses espaces, ses studios en sous-sol, ses zones de rangement, ses salles. Mais autour, il y a aussi la Coloc, avec des passages constants, des arrivées, des discussions, des rendez-vous, des gens qui travaillent sur d’autres sujets, d’autres métiers, d’autres temporalités. Au début, je pensais que ce serait du bruit autour du travail. En fait, c’est aussi une partie du contexte dans lequel le travail prend forme.
Je ne veux pas dire que tout devient collaboration magique dès qu’il y a du passage. Ce n’est pas ça. Il y a aussi des interruptions, des décalages, des ajustements, des journées moins linéaires. Mais je crois que cet environnement empêche certaines rigidités. On voit mieux que la communication n’est pas une suite de livrables sortis d’un bloc. Elle se fabrique dans des échanges, des reformulations, des croisements de contraintes et parfois des conversations presque banales qui déplacent une décision.
Ce lieu fait aussi apparaître quelque chose d’important pour une stagiaire : les métiers ne sont pas rangés dans des boîtes étanches. Une réunion glisse vers un sujet web. Un projet de contenu touche à la formation. Une discussion sur un support imprimé repart sur un usage en salle ou sur un besoin de communication interne. À force de passages, on comprend mieux que les sujets circulent eux aussi.
Je pensais observer une agence. J’ai en réalité observé une agence dans un milieu vivant. Et je crois que ça change la manière de communiquer, non pas parce que tout y serait plus spontané, mais parce que rien n’y reste très longtemps purement théorique.