Je crois qu’on apprend beaucoup de la communication dans les phrases qui ne se présentent pas comme des phrases de communication. Par exemple : “les gens ne comprennent pas bien”. Ou : “on le dit, mais ça ne prend pas”. Ou encore : “on fait déjà beaucoup de choses, pourtant ça ne se voit pas”.
Ce sont des phrases très ordinaires. Elles n’ont pas l’air stratégiques. Elles n’utilisent pas de grands mots. Et pourtant, elles contiennent presque toujours le cœur du sujet : problème de lisibilité, problème de hiérarchie, décalage entre ce qu’on fait et ce qu’on montre, entre ce qu’on croit dire et ce que les autres reçoivent vraiment.
J’aime bien ces formulations parce qu’elles sont moins protégées. Quand quelqu’un parle officiellement de sa communication, il essaie souvent d’être cohérent, rassurant, propre. Quand il parle en passant, il dit autre chose. Il dit qu’on a du mal à expliquer. Qu’on ne sait pas par quoi commencer. Qu’on veut tout garder. Qu’on ne sait pas si le site sert vraiment. Qu’on poste, mais un peu au hasard. Et là, tout devient beaucoup plus intéressant.
Ça ne veut pas dire qu’il faut mépriser les discours préparés. Ça veut juste dire que les vraies questions remontent souvent par les côtés. Pas dans la version impeccable. Dans la phrase lâchée entre deux portes, dans le soupir poli, dans le “oui mais en vrai”.
À force, je me dis que la communication commence parfois là : au moment où quelqu’un arrête de parler comme dans une présentation et formule enfin ce qui coince avec ses mots à lui.